lundi, septembre 03, 2007

Charlotte

Je suis peut-être pas assez artiste.

Pas assez talentueuse. Ni assez créatrice.

Parce que les arts, tout d'un coup, me parlent plus autant. Les projets font naître aucune idée fantastique dans ma tête, la couleur et la forme se mélangent plus.

Mes doigts ne savent plus comment tracer le contour d'un oeil, arracher une ombre, donne ma touche de réalisme personnel. Mes dessins n'ont plus l'air de photos.

Toutes ces fois, c'était peut-être de la luck. Un bon sens de l'observation, qui m'amenait à reproduire ce que je voyais sur papier. Je ne peux pas inventer, je n'ai pas le courage de le faire, de m'embarquer dans tous ces projets, de m'investir.


L'art, avant, c'était magique. C'était un "surplus", un plaisir. Un passe-temps. Pas une corvée au bout de laquelle on récolte une note, une satisfation autre que personnelle. Travailler pour les autres, non merci. Dessiner c'était naturel. Dessiner c'était ce que je faisais de mieux. C'était ce qui me définissait, me catégorisait mais j'en étais heureuse. D'avoir un talent, quelque chose à faire.

Mais ce qu'on me demande de faire, ce sont des sculptures, sculpter du bois et souder du métal, expliquer ce que je veux exprimer par la grosse courbe de plâtre dans l'oeuvre, ce sont des dessins abstraits, des peintures aux formes philosophiques qui devraient réinventer le monde, qui devraient créer des nouveaux repères.

Faire un croquis est devenu une véritable corvée. Trouver une idée est un devoir auquel je voudrais échapper. Aller dans l'atelier de menuiserie équivaut à entrer en prison pour un temps indéterminer.

Je suis pas si polyvalente. Pas trop manuelle. Et pourtant, je suis capable de fixer l'âme de quelqu'un sur papier. À travers ses yeux. Ça glisse tout seul, je ne réfléchis pas aux techniques ni au grain du papier, ni à la signification de ce que je fais. Ça sort des trippes, ça me libère l'esprit, ça me force à terminer quelque chose, pour une fois.

Dessiner les gens c'est un cadeau qu'on se fait à soi-même. C'est s'ouvrir l'esprit, comprendre, analyser les sourires, chercher ce qui peut se passer dans leur tête. C'est sourire devant le bonheur d'un autre.

Tout le monde a son propre moyen d'apprendre, de connaître, de s'épanouir. Alors je vois pas pourquoi je serais plus "artiste" qu'un autre.

C'est bien assez pour aujourd'hui, ha oui, et en plus, j'ai eu un autre chat, Charlotte.

1 commentaires:

Le Déchaîné a dit…

J'm'amuserais là-dedans moi! (enfin je crois :p)

J'te dirais.. Improvise, fais aller ton imagination, prends quelque chose que t'aimes et caricatures-le.. 'faut juste qu'y ait une base "réelle" à cette abstraction-là!

Par contre j'te l'accorde, moi pis l'art post-moderne... boah :P